Article Cuirassé U.S.S New Jersey BB-62 – François Maheux

Maquette Tamiya – Échelle 1:350

Historique

Au début de 1937, l’US Navy commença à travailler à la conception de cuirassés de 45000 tonne. Cette décision est consécutive au refus des Japonais de ratifié les traités internationaux visant à imposer une limite de tonnage sur tous les bâtiments de guerre Japonais et Américains. En janvier 1938, la vogue des navires à armement et blindage puissant mais à faible vitesse (12 canons de 406mm, 27 nœuds) fait place à celle des navires plus rapides (30 nœuds et plus). Les porte-avions de la classe Essex prenaient forme sur les planches à dessin de l’époque, il fallait donc des cuirassés d’escorte possédant les mêmes performances. La classe Iowa qui vit le jour sacrifiait la puissance de tir (seulement 9 canons de 406mm) et la protection (blindage maximal de 310mm) en faveur de la vitesse portée à 33 nœuds.

A l’origine, les 4 navires de la classe Iowa; le New Jersey, le Wisconsin, le Missouri et le Iowa devaient être plus proche des croiseurs lourds que des cuirassés. C’est la raison pour laquelle leur conception était similaire à celle des croiseurs de bataille. A la suite de l’attaque des Japonais sur Pearl Harbor en décembre 1941 où les Américains perdirent la quasi totalité de leurs flotte de cuirassés, le haut commandement de l’US Navy décida que les cuirassés de la classe Iowa devraient être spécialement conçu pour laver l’affront de cette attaque et du même coup de pouvoir rivaliser contre les super cuirassés Japonais; le Yamato et le Musashi.. C’est ainsi que la construction du New Jersey débuta vers le début de 1942 et il fut lancé le 7 décembre de la même année au chantier naval de Philadelphie où il devint opérationnel le 23 mai 1943. Il participa alors à de féroce batailles contre les Japonais jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale sans toute fois être sérieusement endommagé.

Le 30 juin 1948, il fut mis hors service et envoyé à Bayonne dans l’état du New Jersey. Seulement 2 ans après, soit le 21 novembre 1950, il reprit du service pendant la guerre de Corée où il participa à un grand nombre de bombardement côtiers. Le 21 août 1957, il fut de nouveau retiré du service et envoyé au chantier naval de Philadelphie pour y être désarmé. Quelques années plus tard durant la guerre du Viêt-Nam le New Jersey fut encore remis en service . S’étonnant de la grande utilité et de la longévité de ce navire, l’US Navy décida que tous les cuirassés de la classe Iowa devaient reprendre le service actif.

C’est ainsi que le 6 avril 1968, le New Jersey et ses 3 frères furent conduit de nouveau au chantier naval de Philadelphie pour y subir une modernisation complète de tous leurs systèmes d’armes. A la suite de cette modernisation, le New Jersey servit avec distinction dans les dernières années de la guerre au Viêt-Nam.

Quelques années plus tard, il retourna à Long Beach en Californie où il fut versé dans la réserve. Au même endroit le 28 décembre 1982 le New Jersey allait subir une refonte complète de tout ses systèmes d’armes et électroniques. En 1983, il démontra sa nouvelle puissance de feu lors du conflit en Libye. Ce puissant et robuste navire est le seul cuirassé de toute l’histoire de la marine américaines à avoir participé à 4 grands conflits durant une période de 40 ans de service.

Dans la boîte

Il s’agit ici de la réplique du USS New Jersey après sa dernière refonte en 1982. La boîte aux dimensions impressionnantes comporte pas moins de 426 pièces ( j’ai fait le compte… J ) finement moulées et réparties sur 11 grappes. La coque moulée en une seule pièce occupe à elle seule la moitié de la boîte. Inutile de vous dire que ce kit en impose. Deux grand livrets d’instructions vous sont proposés; un écrit uniquement en Japonais et l’autre écrit en Anglais et en Allemand seulement. Traditionnellement de chez Tamiya, les étapes de construction représentant toutes les pièces sont très claires et explicites mais garder toujours un œil attentif sur celles-ci car étant très nombreuses, il est facile de se tromper.

Les instructions de peinture sont aussi très facile à suivre et de nombreux mélanges seront à fabriquer pour obtenir les tons adéquat. La planche de décalques n’est pas aussi colossale que le modèle mais elle comporte tous les marquages nécessaire. Tamiya à même pensé à nous fournir les insignes de nationalités sous forme de décalque pour les hélicoptères « seahawk ». Pour garnir le tout, une base en plastique vous est offerte mais à mon avis elle manque gravement d’élégance et de finesse pour soutenir le navire. Elle ne sera donc pas utilisé.

Modifications

Étant donné le grand niveau de qualité, de détail et en plus du nombre d’heure de travail à consacré à ce monstre, vous comprendrez bien que j’ai exclu l’idée de construire ce navire « out of the box ». J’ai donc dû casser ma tirelire pour détailler du mieux ce navire. Pour ce faire, j’ai fait appel au set photo découpe de la marque Gold Medal Models. Ce fabriquant Américains se spécialise exclusivement sur le détail des navires de guerre, commerciaux et de plaisances. Vous pouvez faire venir ces accessoires à cette adresse : Gold Medal Models : 1412 Fisherman Bay Road, Lopez, WA 98261 USA. site internet : www.goldmm.com/

Je tiens à vous prévenir que c’est assez dispendieux mais le jeux en vaut largement la chandelle croyez-moi. Les deux immenses grilles en laiton garnies à souhait d’au moins 350 pièces se découpes et se travaille à merveille et on peut en dire autant sinon plus sur leur niveau de détail; pas loin de 3 mètres et demi de rambardes, des échelles d’accès, poulies, radars en touts genres, escaliers, filets de sûreté……il y a même des bouées de sauvetage. Malgré toutes ces pièces de remplacement, il y aura du « scratch » à faire.

Malheureusement la notice d’instruction fournis n’est pas très clair donc il faudra recourir à la documentation. Grâce à ce set photo découpe, il vous est possible de reproduire fidèlement 2 versions du navire. La première est celle du New Jersey tel qu’il était en 1968 avant sa refonte de 1982. Si vous voulez reproduire cette version, il vous faudra recourir à un nouveau pont centrale pour accueillir les 10 tourelles à canons de 175 mm contrairement aux 6 tourelles sur la version de 1982. Vous devrez d’ailleurs fabriquer certaines autres pièces adéquates car elles ne sont pas fournis dans le kit. La deuxième version est bien sûr celle que j’ai retenu. Il s’agit de la version de 1982 à nos jours.

Montage

Nous pouvons maintenant commencer la construction par évidemment la coque qui fait à elle seule 77.5 cm de long. Avant la mise en peinture de celle-ci, il faudra éliminer de gênante traces de moulage tout le long de sa surface. Une fois cette opération terminée, j’ai assembler le pont principal qui est séparé en 3 sections (avant, centrale et arrière). Un peu de masticage est nécessaire car ces 3 sections ne s’ajustent pas parfaitement en créant un joint. Afin d’obtenir la meilleure adhésion possible de ces pièces de dimensions assez conséquente, j’ai utilisé de la colle liquide « Testors » (No.3502) en contenant de 28ml. Cette colle à l’avantage non seulement de sécher rapidement mais elle agit en soudant les pièces entre elles ce qui permet une résistance maximum. Faite très attention lorsque vous utiliserez cette colle car elle est hautement toxique. Le port d’un masque au filtre de carbone ne serait pas superflu.

Une fois la colle bien sèche, j’ai procédé à la mise en peinture de la coque. Je vous suggère de commencer par la ligne de flottaison car ainsi le travail de masquage vous en sera facilité. Celle-ci sera peinturé en xf-1 noir mât Tamiya. Après séchage, elle sera masqué à l’aide de ruban adhésif ultra fin « Letraline Letraset » pour bien suivre les courbes du navire. ATTENTION lorsque vous retirerez ce ruban car il peut laisser des traces de colle assez gênante sur la coque mais celles-ci sont facilement enlevées à l’aide d’essence à briquet. Une fois le masquage de la ligne de flottaison terminé, j’ai procédé de la même manière pour le brun rouge (XF 7 : 2 + XF 10 : 1) de la quille et le gris clair ( XF 66 : 3 + XF 2 : 1) du haut de la coque. ATTENTION, soyez très vigilant en faisant vos mélanges indiqué par la notice car la teinte obtenu est parfois non réaliste ; fiez-vous alors à des photos réelle du navire comme je l’ai fait moi-même. Pour ce qui est du gris XF 66, je vous conseille d’acheter 2 bouteilles de 10 ml car cette teinte est la plus utilisé.

Les divers autres parties du pont peuvent aussi à leurs tour être peinturé en commençant par le  » deck tan  » xf-55 et ensuite procéder à l’héliport qui sera en  » dark grey  » xf-24. Après cela, j’ai masqué toutes les zones du navires ne recevant pas de gris clair à l’aide d’indispensable ruban adhésif Tamiya. C’est un travail long et fastidieux qui requière beaucoup de patience.

Pendant que la peinture sèche, je me suis attaqué à d’autres ensembles de pièces comme les 3 tourelles de canons de 406 mm. Leurs assemblage ne posent aucun problème mais suivez bien la notice. Pour plus de réalisme, j’ai perforé les canons à l’aide d’un petit outil à percer pour modélisme. Les ponts supérieurs peuvent être aussi peinturés et assemblés en suivant la notice mais ne coller que ces ensembles au navire à la toute fin du montage. Un jeu de rambardes garnira ceux-ci pour en accroître le réalisme. ATTENTION, vous n’avez pas le droit à l’erreur étant donné que ce set de rambardes prévois la quantité exacte requise.

Les 2 cheminées peuvent être détaillées davantage en retirant le plastique sous forme de grillage des bouches et les remplacées par celles en photo découpe nettement plus réalistes. Pour cette opération ainsi que plusieurs autres je vous conseille l’utilisation d’un « Dremel ». Cet outil possède plusieurs usages très pratique et quasiment indispensable dans la construction d’un navire. Je ne m’en passe plus désormais…. J. Une fois cela terminé, vous pouvez réunir les lanceurs de missiles  » Tomahawk  » et  » Harpoon  » très facile à assembler. Les canons rotatif  » Vulcan Phalanx  » sont très simpliste et peuvent malgré leurs très petite taille être détaillé par les plus minutieux d’entre vous. Maintenant, c’est au tour des 6 tourelles à canons de 175 mm. Là aussi, leurs assemblages ne présente aucune difficulté mais malheureusement à cette échelle leurs canons sont trop petit pour être perforé. Le mieux que vous puissiez faire est de peindre en noir leurs extrémités. Ayez d’ailleurs un œil sur l’endroit où chacune d’elles est situé car celles-ci ne sont pas identique et occupe une place respective sur le navire. Les autres sous-ensembles de pièces à assembler comprend les canots de sauvetage, la grue d’approvisionnement en carburant qui sera détaillé à souhait de plate-forme, rambardes, échelle d’accès, poulies et bien d’autres pièces en photo découpe et en « scratch ». Le modèle est maintenant prêt pour la pose des décalques

En premier lieu, j’ai appliqué à l’aérographe une fine couche de lustre à plancher « future » en vue de leurs applications. Étant donné l’âge avancé de ces kit…(le miens à 18 ans….), les décalques me paraissait un peu suspect et vu leur épaisseur d’origine, cela n’a pu que m’inquiéter davantage. Finalement, tout c’est bien passé et j’ai pu relaxer…. L’application d’un voile de vernis mât Model Master permettra de retrouver la bonne tonalité mais ATTENTION, évitez d’obtenir un fini trop mât. La pose des décalques terminé, j’ai réuni les parties des ponts supérieur et les super structures qui s’assemble comme par magie. La touche final consiste à la pose du gréements réalisé à l’aide de plastique étiré de couleur noir. C’est un travail qui n’est pas facile et qui m’a mis en colère bien des fois mais le résultat finale est spectaculaire. Les hélicoptères ont reçu quelques dernières finitions dont de nouvelles palles de rotors principal et de queue en photo découpe. Celles-ci seront préalablement courbées vers le bas pour en simuler le poids au repos de l’appareil. Les drapeaux nationaux ont été remplacés par ceux que j’ai imprimé sur papier…..plus flexible et plus réalistes que de simple décalques. La misérable chaîne à ancrage moulé en plastique sur le pont avant sera quant à elle supprimé à l’aide d’une meule en carbure de silicium et remplacé par une vrai. Pour ce qui est du « weathering », vous pouvez y aller assez généreusement. Effectivement, il est normal que de long séjour en mers agitées puisse donner à notre fleuron une allure fatigué. Donc quelques traces de rouille par ci et là serait bien normale. Personnellement, j’ai voulu représenté le mien assez propre mais comme je l’ai dit plus haut, cela peut varier selon les goûts et de votre humeur.

Pour finaliser le tout, j’ai décidé de mettre mon navire sur une base en érable laminé recouverte d’un caisson en verre pour 2 raisons. La première est que représenté sur une base, c’est bien plus jolie et esthétique et deuxièmement, par mesure de protection car il est impossible d’épousseter les innombrables pièces sans les endommager. Il est certains que l’investissement total est assez conséquent mais avec du bon matériel et les bons outils, le résultat sera splendide croyez-moi.

Conclusion

Ainsi s’achève de nombreuses heures de travail acharné mais grandement récompensé par une réplique fidèle du célèbre cuirassé. Ce navire peut maintenant voguer auprès de vos meilleurs réalisations et bien sûr aussi aux expositions. Certains d’entre vous me demanderons sûrement ce qui m’a poussé à me lancer dans ce grand projet. Et bien c’est simple…..le DÉFI…. Car je crois qu’un modéliste ne peut s’améliorer et devenir meilleur qu’en relevant ses propres défi et ainsi acquérir de l’expérience. J’ai eu beaucoup de plaisirs à monter ce kit et pour un premier essai, je suis assez fier du résultat finale. Je dois quand même avouer qu’après 350 heures passées dessus, je brûle d’impatience de retourner à mes avions… Finalement, j’ai tellement aimé l’expérience que je prévois passer maintenant à la construction de son frère…..le Missouri !!! Je recommande ce kit à tout le monde sauf peut-être aux débutants. Bref, la prochaine fois que vous voudriez relever un défi, essayez-donc celui-ci…

Article U.S.S New Jersey BB-62

3 thoughts on “Article Cuirassé U.S.S New Jersey BB-62 – François Maheux”

  1. Ce navire légendaire est devenu un musée flottant et est en exposition dans le port de Camden au New-Jersey en face de Philadelphie, Pennsylvanie.

  2. Superbe maquette de la part de François, et le premier navire en présentation sur le site, et un très beau à part ça et un article des plus intéressant dommage que François soit établi dans la région de Montréal c’était un de nos membres très talentueux et très méticuleux. Bravo man. 🙂

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