Char de combat Churchill MKVII – Article Mario Julien

CHURCHILL MK VII

PAYS: ANGLETERRE

ÉPOQUE: SECONDE GUERRE MONDIALE

MAQUETTE: TAMIYA   1/35

KIT D’AMÉLIORATION: AUCUN

REVENDEUR : PASSE-TEMPS 3000

COÛT : 35$

MONTAGE ET PEINTURE : MARIO JULIEN

BREF HISTORIQUE

Avec son allure qui rappelle un peu les blindés de la première guerre mondiale, le Churchill a un format qui ne laisse pas indifférent. Certains diront qu’il n’avait pas un très beau design, mais il faisait le boulot.

Son empattement très long et ses chenilles remontantes à l’avant permettaient de franchir des terrains en très mauvais état ou des élévations qui pouvaient stopper d’autres blindés. Cependant le véhicule était très lourd et il était extrêmement lent, il était surtout prévu pour offrir un appuie à l’infanterie. Avec son blindage avant de 152mm et son système de roulement particulier (11 roues de chaque coté), le Churchill pouvait encaisser plusieurs coups qui auraient mis le Sherman hors de combat.

Les blindés britanniques n’avaient pas une très bonne réputation lors du second conflit mondial, d’ailleurs les Anglais ont largement utilisé le matériel américain. Mais malgré les défauts mécaniques de ses premières versions, le Churchill fut le meilleur char fabriqué par les Anglais. Les chaînes de montages ont produit 5 640 véhicules de 1941 à 1945.

Le véhicule était très polyvalent et adaptable à différentes situations telles que le nettoyage de mines avec le  » FLÉAU « , poseur de pont ou de tapis anti-enlisement pour les plages lors des débarquements et véhicule lance-flammes (version Crocodile) très efficace et redouté par les Allemands.

La version MK VII a été prête juste à temps pour participer à la campagne de Normandie et a été utilisée dans les combats du Nord-Ouest de l’Europe.

FICHE TECHNIQUE CHURCHILL MK VII

Blindé anglais construit de 1943 à 1945

Poids 40.6 tonnes

Longueur 7.54 mètres

Hauteur 2.49 mètres

Largeur 3.25 mètres

Équipage 5 hommes

Armement

75 mm ROQF Mk V 84 coups

2 x 7.92 mm Besa MG 6975 coups

.303 Bren MG (AA) 600 coups

Fumigènes 30 coups

Blindage

Frontal 152 mm

Arrière 95 mm

Cotés 95 mm

Tourelle (frontale) 140 mm

Tourelle (arrière) 50 mm

Tourelle (cotés) 57 mm

Motorisation et performance

Bedford Twin-six 12 cylindres 350 HP

Vitesse sur route 20 km/h

Vitesse hors route 13 km/h

Autonomie 145 km

MONTAGE DE LA MAQUETTE

Comme c’était mon premier blindé à l’échelle 1/35, j’ai d’abord observé attentivement les différentes étapes du plan de montage. Lorsque j’ai étudié la section concernant les tuyaux d’échappements, je me suis rendu compte que les moulages plastiques bien qu’ils soient de plus en plus précis ont certaines limites qui peuvent être de nature technique ou simplement une question d’économie pour le fabricant. Ces lacunes peuvent être surmontées par certains ajouts et modifications, si nous souhaitons obtenir une maquette qui se rapproche sensiblement de la réalité.

Voici donc une petite liste de certaines modifications et ajouts qui ont été faits :

Embouts des tuyaux d’échappements

Ceux-ci sont moulés ensembles d’une seule pièce, j’ai donc éliminé la pièce qui joignait les deux tuyères.

Bidons d’huile et d’essence à l’arrière du véhicule

Il n’y a pas de système de retenu des bidons, j’ai donc confectionné celui-ci avec du fil d’aluminium et de la feuille d’aluminium.

Support d’antenne arrière centre

Celui fourni dans le kit n’est pas très agréable à l’œil et il est non représentatif car il est  » plein  » non évidé. J’ai refait celui-ci avec une tige de styrène pour le corps centrale et j’ai utilisé des petites bandelettes confectionnées avec une assiette d’aluminium.

Poignées des trappes

Elles ont toutes été remplacées par des bandelettes d’aluminium en me servant de celles moulées sur le kit comme modèle guide.

(Celles moulées sur le blindé étaient pleines et non évidées)

Viseur situé à l’avant de la coupole du chef de char

Comme il était inexistant dans le kit, j’ai fabriqué le viseur encore une fois avec de fines bandelettes d’aluminium, un travail plutôt délicat mais qui vaut vraiment la peine.

Trappes du chef de char et du chargeur

Les systèmes de retenue et de fermeture de la trappe du chef de char ne sont pas très élaborés et étaient inexistants pour celle du chargeur. J’ai donc amélioré ceux-ci avec de la feuille de styrène.

Crochets d’attache sur la tourelle

Les crochets moulés sur la tourelle n’étaient pas très représentatifs, je les ai remplacés par d’autres confectionnés en fil d’aluminium.

Numéros de série  » style fonderie « 

Sur la tourelle j’ai ajouté un numéro de fonderie en utilisant les chiffres d’identification sur les grappes de plastique, ceci donne de beaux chiffres en relief. Merci à Franck Edet pour le truc.

Coffre de rangement sur la tourelle

Le loquet de fermeture a été amélioré avec de la feuille de styrène et du fil d’aluminium.

Antennes

Une tige métallique a été utilisée pour les réaliser, je n’ai rien réussi de valable en plastique étiré.

ATTENTION AUX YEUX, UN PETIT DRAPEAU SUR CELLES-CI DOIT ÊTRE CONSIDÉRÉ LORS DES EXPOSITIONS.

Épiscopes

Les couvercles des épiscopes ont été fabriqués avec de la feuille de styrène et de la feuille d’aluminium.

Coussins de cuir sur l’endos des trappes

Ceux-ci ont été confectionnés avec de la feuille de styrène sur lequel j’ai collé un mouchoir de papier avec de la colle blanche.

Canon

J’ai conservé le canon de plastique du kit, une fois bien mastiqué et bien poncé le résultat est très acceptable. Il est à noter qu’une couche d’apprêt Tamiya (il est très épais) aide beaucoup à cacher les défauts, la ligne de démarcation entre les deux pièces n’apparaît pas du tout.

Chenilles

Celles du kit sont amplement suffisantes, je les trouve très représentatives de la réalité. D’ailleurs je ne suis pas certain qu’il en existe en métal ou à maillons séparés.

(Bien sur ce n’est pas un Panzer!)

Les photos qui suivent vous permettront de visualiser les modifications effectuées:

PEINTURE

Les chenilles ont été peintes à part dans un premier temps avec Model Master acrylique Rust. Par la suite j’ai passé différents jus d’ombre naturel, d’ombre brûlé et finalement de noir de bougie. Le tout a été suivi d’un brossage à sec à l’aluminium. J’ai utilisé aussi l’aluminium sur la surface des patins qui adhèrent au sol et à l’intérieur de la chenille où les roulements sont en friction.

En ce qui concerne le blindé, le tout a été séparé en quelques sous-ensembles pour favoriser l’accès au jet de l’aérographe.

J’ai d’abord appliqué une couche d’apprêt Tamiya sur l’ensemble du véhicule. Ce produit a une très forte odeur, cela oblige une bonne ventilation que je n’ai pas encore dans mon atelier. Ensuite, je suis revenu à des odeurs plus supportables avec les acryliques Tamiya. Pour représenter le vert anglais, différent du vert olive américain, j’ai utilisé un mélange à 50% de XF-65 et 50% de XF-58 dilué à 50% avec de l’alcool isopropylique.

J’ai procédé à l’assemblage des éléments du blindé, mis à part les chenilles pour les prochaines étapes de peinture. J’ai ensuite appliqué un vernis brillant pour favoriser la pose des décalcomanies et leur application a été facilitée par l’utilisation des produits Micro Set et Micro Sol.

La phase de vieillissement du véhicule a suivi par différents jus d’ombre naturel, d’ombre brûlé et d’ocre jaune. Pour simuler les différentes coulures dues aux intempéries, poussières, carburants et autres, j’ai utilisé la technique expliquée dans le Steel Masters hors-série numéro 11 dans l’article de Frédéric Astier sur un Firefly lors de la bataille de Nimègue. La technique consiste à appliquer différentes gouttes de peinture à l’huile pour artiste sur les flancs du véhicule et de les fondre vers le bas avec un pinceau imbibé d’essence à briquet. Pour l’usure du métal, j’ai utilisé de la poudre de graphite (mine de crayon HB écrasée en poudre) appliquée avec une estompe (et oui encore une technique empruntée dans Steel Masters dans le même article mentionné précédemment, merci monsieur Astier). J’ai aussi utilisé un crayon argent pour un effet plus frappant, mais cela est une erreur, le rendu est trop brillant, il est conseillé d’utiliser seulement le bon vieux crayon de plomb HB.

Les figurines ont été peintes avec des teintes Tamiya, mais cela a été laborieux étant donné que cette peinture est plutôt destinée à l’aérographe.

DIORAMA

J’ai utilisé pour la première fois le styro-mousse comme base de diorama au lieu de la traditionnelle planchette de bois, et j’ai adoré cela. Je considère que le rendu est intéressant, on dirait une tranche de terre. Cette matière rend bien le sens de la vignette historique (à mon goût en tout cas), en plus cela ne coûte vraiment pas cher.

Pour obtenir une coupe nette, il faut utiliser une lame mince et bien tranchante. Pour ma part j’ai utilisé un couteau de type  » Olfa « , le petit format avec une lame neuve.

J’ai ajouté un peu de relief sur l’arrière en collant une bande de styro-mousse supplémentaire et j’ai creusé un petit canal sur le bord avant de la route. Le tout a été recouvert d’un enduit de rebouchage pour les murs de type Pollyfilla. Avant le séchage de l’enduit, j’ai tracé des empreintes de pneus avec une roue de mon Sdkfz 251 pas terminé encore (ça avance doucement, mais plus vite qu’un certain Panther légendaire) et bien sur j’ai imprimé les traces de chenilles du Churchill. J’ai également installé les poteaux de la clôture confectionnés avec des allumettes de bois que j’ai travaillées au couteau pour les rendre un peu moins rectilignes.

Pour les arbres j’ai utilisé des racines et un petit Bonsai qui a manqué d’eau à un moment donné. Le feuillage est constitué de persil haché. Les herbes sont des produits vendus pour le modélisme ferroviaire de différentes teintes collées avec de la colle blanche.

Peinture du diorama

Route : XF-60, jus d’ombre naturel et d’ombre brûlé et pastels réduits en poudre.

Butte à l’arrière de la clôture : XF-64, jus d’ombre naturel, d’ombre brûlé et vert de vessie.

Champ en avant plan : XF-64, jus d’ombre naturel, d’ombre brûlé et vert de vessie.

Fossé au bord de la route : XF-64, XF-62, jus d’ombre naturel, d’ombre brûlé et vert de vessie.

Finalement pour lier le tout, j’ai utilisé des poudres de pastel beige, ocre et jaune sur la route et sur le blindé en insistant sur l’arrière du véhicule.

CONCLUSION

J’ai eu bien du plaisir à monter ce blindé, d’autant plus qu’il ne m’avait pas coûté très cher. Les figurines incluses dans le kit (il en reste deux que je n’ai pas utilisées) apportent un élément de vie important dans le diorama. Elles me faisaient bien peur ces figurines lorsque j’ai ouvert la boîte, je contais ne pas les monter par peur du résultat, mais finalement je suis bien content de les avoir utilisées.

Je me suis rendu compte tout au long de la réalisation qu’une bonne documentation est indispensable, si l’on veut obtenir une maquette qui tend vers la réalité.

Je tiens à remercier tous les gens qui ont répondu à mes nombreuses questions que ce soit aux réunions de la SMHQ ou par internet. Je remercie particulièrement Richard Craig qui m’a prêté une documentation (Osprey et Tamiya) qui m’a été des plus utile. Je remercie également monsieur Claude Balmefrezol de France (que vous pouvez rencontrer sur http://maqweb.free.fr) qui m’a fourni également de très bonnes photos de l’engin réel comme référence, par la magie de l’internet.

J’ai redécouvert un hobby passionnant et un groupe de compère bien enrichissant à la Société de modélisme historique de Québec.

MAINTENANT PLACE AUX PHOTOS

Char de combat Churchill MKVII - Galerie Photos

1 thought on “Char de combat Churchill MKVII – Article Mario Julien”

  1. Mon premier kit terminé lors de mon adhésion à la SMHQ à sa première année d’existence en 2001-2002.
    Des photos de mon kit en argentique, je n’avais pas d’appareil numérique à l’époque !!!
    Souvenirs souvenirs !!!
    Merci Jean-Pierre pour la publication
    Mario

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