Le Bulletin de la SMHQ – Février 2021

LES CHARS DE LA GRANDE GUERRE

PARTIE 1 – LES PREMIÈRES CHENILLES DANS LA BATAILLE

par Jean-Guy

Introduction. Le char d’assaut est né au cours de la Grande Guerre. Il est dû au besoin impérieux de briser l’impasse qui régnait sur le front Ouest en Europe. La combinaison de l’artillerie, des mitrailleuses et des barbelés avait rendu quasi impossible une attaque fructueuse du système des tranchées de l’ennemi. Les tentatives se soldaient généralement par un carnage dans les rangs des assaillants. L’idée d’un véhicule automobile blindé, armé préférablement d’un canon, qui pourrait se moquer des défenses allemandes a fait son chemin tant en Grande-Bretagne qu’en France. Un élément capital, crucial pour permettre à ce type de véhicule de traverser le no man’s land au sol inégal et souvent bourbeux, a été ajouté et adapté : la chenille qui deviendra la marque de commerce du char d’assaut.

 

Figure 1. Exemple de roue Dreadnaught.
Photo de Gaius Cornelius.

La roue Dreadnaught. Les roues fonctionnent bien sur un sol dur, mais leur surface de contact est petite et, lorsque le sol est mou, elles s’enfoncent. Jusqu’au 19e siècle, les solutions avaient un côté permanent, comme des bandes composées de 2 files parallèles de dalles de pierre ou de madriers, ou comme des rails. Le premier système pratique permettant à des véhicules de s’affranchir de surfaces aménagées est venu avec la roue Dreadnaught ou « roue de chemin de fer sans fin », brevetée en 1846 par l’ingénieur anglais James Boydell. Il ne s’agit pas d’une bande continue comme les chenilles modernes, mais d’une série de « pieds » attachés à la périphérie d’une roue et qui permettent de répartir le poids du véhicule sur une plus grande surface. La roue Dreadnaught a été utilisée lors de la guerre de Crimée, de 1853 à 1856, sur des wagons, chariots et canons tirés par des chevaux. En 1854, Boydell brevète une amélioration de sa roue pour emploi sur des véhicules à vapeur.

Figure 2. Le tracteur à billes de bois de Lombard.
Photo de Cliff1066.

La chenille. Quelques essais peu fructueux de véhicules équipés de bandes continues de roulement ont parsemé le reste du 19e siècle. En 1901, un premier système efficace, breveté par Alvin Orlando Lombard, de la Lombard Steam Log Hauler au Maine, est installé sur des tracteurs à billes de bois à vapeur. Le système est basé sur une série de segments reliés en anneau qui entoure une paire de roues. Lombard vient d’inventer la chenille! La direction est assurée par 2 skis placés à l’avant contrôlés par un volant. Lombard construira 83 tracteurs jusqu’en 1917.

Figure 3. Premier tracteur de la Richard Hornsby& Sons vers 1905.

Presque en même temps, une compagnie de machinerie agricole britannique, la Richard Hornsby & Sons développe son système de roulement continu, la « chaîne rigide », qui sera breveté en 1904. Il s’agit aussi de segments disposés en anneau. Les segments sont solidement imbriqués les uns dans les autres et forment un rail mobile sur lequel roulent les roues des véhicules. Les tracteurs de Hornsby sont munis d’un embrayage qui permet de les diriger. Malgré de nombreux efforts, Hornsby ne réussira pas à convaincre l’armée britannique d’acheter ses tracteurs pour déplacer des canons. Lors d’une des démonstrations, un soldat voit une ressemblance entre le tracteur et une chenille. Le nom de l’animal, caterpillar en anglais, est repris et adopté par les autres hommes.

Figure 4. Un tracteur Holt tire un canon anglais Howitzer Mk V en 1916.

Les tracteurs Holt. La Holt Manufacturing Company était une entreprise américaine fondée en 1883 par les frères Holt dont la production principale était la machinerie agricole. Cette machinerie était, à l’origine, à traction animale, puis au tournant du 20e siècle, à vapeur. En 1903, la Holt Company achète une licence de la Lombard pour pouvoir produire des véhicules à chenilles. En 1906, un neveu des Holt, devient président d’une entreprise de fabrication de moteurs à essence. C’est le début des tracteurs à essence pour la Holt Company. Finalement, en 1912, la Holt acquiert les brevets de la Hornsby surtout pour avoir les droits sur le système de direction qui fonctionne en contrôlant la puissance allouée à chaque chenille. La Holt enregistre la marque de commerce  Caterpillar et renomme ses tracteurs avec celle-ci. Tous les morceaux du casse-tête s’emboîtent et la Holt va produire en quantité des tracteurs pour le monde agricole, la foresterie et, avec le début de la Grande Guerre, pour les Alliés. Les Britanniques, puis les Français utiliseront les tracteurs Holt de 45, 75 et 105 chevaux pour le transport de matériel et le déplacement des pièces d’artillerie. Le Holt 75 à moteur à essence deviendra le premier tracteur « standard » et la demande sera telle que la Holt devra le faire construire sous licence pour pouvoir fournir les armées alliées. Plus de 10 000 seront fabriqués.

Pour le modéliste. En 2018, Roden a mis sur le marché un tracteur d’artillerie Holt 75 au 1/35, puis, en 2019, une version du même tracteur avec un canon Howitzer de 8 pouces. Il n’existe pas de kit pour les tracteurs Lombard ou Hornsby, mais il ne faudrait pas passer sous silence le modèle du tracteur Hornsby au 1/35, d’un certain Zak, entièrement construit en scratch que l’on peut admirer sur le site The Airfix Tribute Forum à l’adresse suivante : https://www.tapatalk.com/groups/airfixtributeforum/scratch-built-1-35-hornsby-chain-link-tractor-n-a-t44352.html.


RÉFÉRENCES

Online Tank Museum (The). World War One Tanks. Page https://tanks-encyclopedia.com/world-war-I-tanks.php, consultée en janvier 2021.

Wikipédia. Char d’assaut. Page https://fr.wikipedia.org/wiki/Char_d%27assaut, consultée en janvier 2021.

Wikipédia. Continuous track. Page https://en.wikipedia.org/wiki/Continuous_track, consultée en janvier 2021.

Wikipédia. Holt Manufacturing Company. Page https://en.wikipedia.org/wiki/Holt_Manufacturing_Company, consultée en janvier 2021.

Wikipédia. Rail. Page https://fr.wikipedia.org/wiki/Rail, consultée en janvier 2021.

 


MON CHICKEN CON ENFIN TERMINÉ

par Marc

L’idée de ce projet a débuté en août 2012 lorsqu’Alain m’a passé une revue Military Aircraft Montly de mars 2010 dans laquelle il y avait un reportage sur les Marines des Forces américaines installés à Al Jubail en Arabie Saoudite durant l’opération Desert Storm en 1991. À la page 35 de cette revue, on aperçoit une photo d’un CH-46E en vol appartenant à la HMM-161 et portant un camouflage en brun 2 tons ainsi qu’un alignement de plusieurs de cet appareil sur la base d’Al Jubail.

Puisqu’il n’existait aucun décalque brun de cette version d’appareil, ni maintenant d’ailleurs, j’ai dû les réaliser moi-même. En comparant quelques photos trouvées sur le web et après plusieurs essais et erreurs de teintes de camouflage et d’identification variant selon l’ensoleillement et l’orientation de l’appareil je suis arrivé à quelques choses de satisfaisant et qui se rapproche de la réalité. Puis le projet est resté dans les tiroirs pour passer à d’autres plus « intéressants ».

Finalement le projet refait surface à l’automne 2019 et fait donc partie de la réalisation que j’avais promis de faire pour le Chicken Con.

Le montage se fait tel que les instructions fournies dans la boîte et au vu des photos que j’ai trouvées, c’est pourquoi j’ai laissé quelques portes et hublots ouverts ou inexistants. Le plus compliqué a été de boucher l’espace laissé par le hublot enlevé derrière le poste de mitrailleuse côté copilote, puisque le montage caisson intérieur et extérieur est du type sandwich et qu’un trou est visible si le hublot n’y est pas. J’ai aussi riveté l’ensemble de la maquette et, par la suite, réalisé le camouflage. Ce dernier a demandé beaucoup de travail de masquage. Une double pneumonie à la fin février a mis un arrêt temporaire sur la terminaison du projet puisque peinture à l’huile au airbrush et pneumonie  ne vont pas bien ensemble. La santé étant revenue, j’ai pu compléter ce long camouflage qui fut suivi d’un jus d’un ton de brun différent. L’ajout d’antennes et de câbles a complété le travail. La maquette étant presque terminée, je n’étais pas satisfait de l’effet des entrées d’air. J’avais beau les peindre sous différentes teintes, ajouter des jus, mais rien ne me plaisait. Le problème est que la gravure a été faite « offset » de telle sorte que les mailles du grillage auraient dû être en relief au lieu d’être en creux.

Après plusieurs essais et au vu de quelques photos, j’ai choisi de réaliser des enveloppes de protection sur ces entrées d’air, de les peindre de couleur noire comme dans la réalité et d’ajouter des identifications « remove before flight ». Ces enveloppes ont été réalisées à partir de minces feuilles de tôle provenant de moules de petites bougies. On les retrouve en vente dans les magasins à 1 $. De plus ces petites tôles ont l’avantage d’être facilement découpables aux ciseaux. La mise en forme et le collage de ces petites pièces ne sont pas simples, mais, après plusieurs essais, le résultat au final est très satisfaisant. Ne pouvant laisser que les entrées d’air fermées, j’ai aussi réalisé des bouchons sur les sorties d’air et une cache sur le tube de Pitot. J’ai terminé par l’ajout de suie sur la carlingue à la sortie des échappements des moteurs et voilà pour le Chicken Con.

Somme toute, ce kit Academy du CH-46E au 1/48 est de bonne facture. Les gravures sont fines et les détails bien réalisés. La plus grande difficulté est de coller soigneusement les sous-ensembles du caisson arrière au niveau des trains d’atterrissage pour éviter un sablage laborieux qui risque de faire disparaitre certains détails.

2 thoughts on “Le Bulletin de la SMHQ – Février 2021”

  1. Superbe ce SeaKnight, bien réalisé et j’adore le schéma de camouflage ça nous change des éternels hélicos gris , olive, ou blanc et rouge , Beau travail Marc.

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