Les Tigres Volants – Jean-François Fillion

Texte, photos et maquettes de Jean-François Fillion

En 1937, l’invasion de la Mandchourie par les Japonais menaçait toute la Chine. Une importante artère de ravitaillement chinoise, la Route de Burma, est en péril. Pour défendre cette région critique le gouvernement chinois engage un ancien officier de l’USAAF, un Texan du nom de Clair Lee Chennault. Il recrute aussitôt des volontaires américain que l’aventure pourrait intéresser.

Comme les États-Unis ne sont pas en guerre contre les japonais, le recrutement doit se faire dans le plus grand secret. Une centaine de pilotes, environ 200 mécaniciens, 1 docteur et 2 infirmières sont finalement recrutés pour faire partie de l’American Volonteer Group (A.V.G.). Les pilotes seront payés 750 $ par mois en plus d’un bonis de 500 $ par avion japonais abattus. Sous le couvert de l’anonymat ils s’embarquent pour l’Orient. Sitôt arrivés ils sont instruit par Chennault lui-même sur les capacités des appareils japonais et de leurs pilotes. Ils font ensuite connaissance avec leur outil de travail : le P-40 Tomahawk.

Le P-40 ayant été rejeté comme chasseur de première ligne par les Britanniques, la Chine en acheta 200 pour équiper le A.V.G. Ces appareils sont rapides et fiables et les pilotes américains les adoptent immédiatement avec enthousiasme. Ils peignent des dents de requins sur le nez des P-40 dans le but d’intimider les Japonais. Un tigre bondissant (gracieuseté de Walt Disney) est aussi peint sur le flanc des appareils. Le A.V.G. sera désormais connu sous le nom de Tigres Volants (Flying Tigers).
Chennault déclare ses Tigres Volants près pour le combat un peu avant l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Ils décollent aussitôt pour intercepter un raid japonais sur Rangoon et abattent 6 avions ennemis sans perdre aucun des leurs. Ces début prometteurs sont obscurcis le 23 décembre 1941 alors que le A.V.G. perd 2 pilotes au cours d’une interception. En tirant avantage des forces du P-40 : sa puissance de feu, sa vitesse, sa robustesse et en n’engageant pas les chasseurs japonais beaucoup plus agiles en combats tournoyant, les tigres connaissent des succès retentissants.

Au début de 1942 les Tigres Volants se permettent même quelques attaques contres des aérodromes japonais. Au printemps 1942, à bout de ressources, le A.V.G. ne compte plus qu’une trentaine d’avions encore en état de combattre. Grâce à l’ingéniosité des artisans chinois qui fabrique de faux P-40 fait de bambou qui sont dispersés sur plusieurs aérodromes, les Japonais continuent de croire que le A.V.G. dispose d’environ 1000 avions.

Le 4 juillet 1942 le contrat liant les Tigres Volants au gouvernement chinois prend fin. Le A.V.G. est alors démantelé. Plusieurs de ses membres se joindront à l’USAAF pour continuer le combat. En seulement 7 mois de combat, les Tigres Volants ont détruit pas moins de 297 avions japonais en ne perdant que 22 pilotes, soit un ratio de 33 contre 1, s’assurant ainsi que le nom et l’esprit des Tigres Volants ne soit jamais oublié.

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