Messerschmitt Bf-109 G-6 « Early » – François Maheux

Maquette Hasegawa 1/48
Texte, photos et maquette de François Maheux

Modification:
-Set de détails Aires pour cockpit et motorisation Ref: 4120
-Set de photo-découpé Eduard « Colors » Ref: 49211
-Décalques Eagle Cals Ref: EC #42
-Pilote en résine CMK Ref: F04818
-Roues en résine True Details Ref: 48004
-Scratch

Dans la boite:
Il s’agit ici du kit Hasegawa à l’échelle 1/48 qui nous fournit un Bf-109 G-6 de milieu de production. Le kit en question contient pas moins de 96 pièces moulées dans le traditionnel plastique gris clair de la compagnie nipponne où formes et dimensions collent de très près au plan consulté. La gravure en creux est très fine et le niveau de détails global très bon compte tenu de la taille de l’appareil. Le cockpit, un peu sobre, pourrait être amélioré pour peu que l’on se donne la peine d’y ajouter des harnais de sièges.
Le train d’atterrissage est correct sans plus et doté de pneus moulés d’une pièce plutôt bien reproduits. Le niveau de détails des logements de train est plutôt médiocre et aurait pu être davantage soigné car au final, le tout reste tout de même assez visible. Par contre, les options de montage sont très intéressantes à savoir la possibilité d’abaisser les volets et les becs de bord d’attaque ainsi que les volets des radiateurs alaires.
Coté charges externes, vous avez le choix entre le traditionnel réservoir de carburant largable ou les deux gondoles à canons MG 151/20 de 20mm à accrocher sous les ailes. Notons aussi au passage que la verrière est fort bien reproduite et parfaitement transparente. Coté décoration, l’originalité est à l’honneur puisque vous avez le choix entre un appareil Belge ou Roumain tous deux peints dans le plus pur style allemand avec des saumons d’ailes blanc pour le premier.

Montage
Afin de sortir un peu du lot et de redonner un peu d’originalité à un sujet pour le moins très populaire, j’ai entrepris de réaliser un 109 en configuration ouverte laissant voir toute la motorisation de l’appareil. Je me suis donc aidé pour ce projet du superbe set Aires qui fournit pas moins d’une cinquantaine de pièces moulées dans une belle résine beige dotée d’une magnifique reproduction du moteur Mercedes Daimler Benz DB-605.

En plus de la motorisation, un très joli cockpit vous est offert accompagné d’une petite planche de photo-découpe pour les plus petits éléments.

Ceci étant dit, passons maintenant aux choses sérieuses… Comme une fois n’est pas coutume, je n’ai pas décidé de commencer par le cockpit mais bel et bien par la découpe de tous les capots qui recevront la motorisation et les divers accessoires en résine. J’ai essayé, autant que possible, de les découper bien droit et proprement afin de faciliter les nombreux ajustements à venir.
Je me suis par la suite tourné vers le rivetage intégral de la maquette que j’ai reproduit un à un à la pointe sèche en m’aidant d’un gabarit de traçage en papier millimétrique en suivant les plans fournis par l’ouvrage Aero Detail #5 consacré au Bf-109-G. Les bourrelets de plastiques ainsi formés seront par la suite éliminés par un fin ponçage et les résidus enlevés au coton à polir monté sur un Dremmel. Prenez garde cependant lorsque vous rivetez des zones où le plastique est mince car on a vite fait de transpercer le plastique et…le cas échéant ses doigts au passage comme je l’ai d’ailleurs expérimenté.

Les rivets terminés, il est temps de passer au cockpit en résine Aires. Une fois les pièces dégrappées et ébavurées, j’ai appliqué une première couche de RLM66. Cette teinte sera par la suite éclaircie et vaporisée de façon à donner un léger effet de vieillissement. J’ai ensuite appliqué quelques jus marron pour les creux et un très léger brossage de gris clair pour faire ressortir les reliefs. Une fois les divers câbles, leviers et boutons repris dans leurs teintes conformément à la documentation, j’ai finalisé le travail avec quelques éraillures au crayon graphite et argent et effectué le remplacement d’une section du conduit de carburant par un morceau de plastique étiré transparent permettant ainsi au pilote d’en contrôler le débit.

Les ailes recevront quelques modifications tel l’ajout de deux lignes engravées sur le coté extrados. Oubliez le shéma fourni par Hasegawa pour cette modification car celui-ci est erroné puisque ces lignes ne concordent pas avec les plans de rivetage consultés. La ligne en question devrait débuter plutôt entre la deuxième et la troisième nervure de l’aileron depuis l’intérieur plutôt que de débuter à partir de la troisième nervure. Étant donné qu’il s’agit ici d’un Bf-109 G-6 Early, quelques modifications furent nécessaires dont la suppression du carénage de la roulette de queue et la modification de cette dernière pour un modèle escamotable et débarassée de la capote de cuir que l’on retrouvait sur les G-6 de milieu de production.

Le pare-brise avant est également un peu différent car il comportait sur cette version deux prises d’air latérales au lieu d’une. Une fois les demi-fuselage réunies, je me suis attaqué aux divers sous ensemble en photo-découpé Eduard en commençant par les radiateurs alaires. Après découpe et pliage, ceux-ci sont insérés dans l’aile pour une première fois avec un ajustement plutôt médiocre. Après études de la notice et de la documentation, je me suis rendu compte qu’Eduard avait tout simplement confondu le côté gauche et le côté droit de la voilure sur certaines pièces…pas très fort…alors faites bien attention et ayez une bonne « doc ».
Les volets des radiateurs sont également en photo-découpe et ils seront rivetés toujours selon la même méthode décrite plus haut. Ceci étant fait, j’ai poursuivi avec l’hélice. Rien à redire sur cet ensemble sinon qu’il faut combler au mastic quelques défauts de moulage mais rien de bien dramatique. Afin de donner une allure un peu plus dynamique au modèle, j’ai découpé les gouvernes de profondeur du stabilisateur horizontal afin de les représenter abaissées. Après découpe, celles-ci recevront de nouvelles charnières en profilé plastique mis en forme par ponçage afin de conserver un arrondi réaliste.
Juste avant de passer à la mise en peinture extérieure, les montants de la verrière furent délimités au ruban adhésif Tamiya pour être par la suite remplis à l’aide de Maskol Humbrol. Celle-ci sera par la suite temporairement collée à la maquette à l’aide de Maskol toujours afin de protéger le cockpit en prévision des nombreuses phases de peinture à venir et ainsi assurer une bonne continuité des teintes avec le camouflage extérieur.

Mise en peinture
Disposant d’environs 24 possibilités de décoration pour le 109 G-6, on se demande bien « mais laquelle choisir »???…Ayant un petit penchant pour le camouflage hivernal, je me suis finalement arrêté sur une planche Eagle Cals représentant le « Mickey Mouse » du II/JG5 basé à Alakurtti en Finlande durant le printemps 1944 et piloté par le Major Horst Carganico.

J’ai donc débuté par les saumons d’ailes et le capot inférieur du moteur sous-couché en blanc et peint en jaune RLM 04. Le camouflage standard composé de RLM 74/75 et 76 fut ensuite appliqué du plus clair au plus foncé. Ces teintes furent par la suite éclaircies et assombries par endroits selon l’effet souhaité. Les croix de fuselage et de l’intrados des ailes furent peintes à l’aide de pochoirs fait maison afin de ne pas noyer sous les décalques les nombreux rivets patiemment réalisés.
Une fois le tout bien sec, j’ai vaporisé plusieurs fines couches de lustre à plancher Future en prévisions de la pose des décalques. Ceux-ci ont tous été apposés et ce même si le camo hiver en masquera la presque totalité car je voulais donner l’effet d’un camouflage très délavé et complètement disparu par endroits laissant entrevoir le camouflage original. Donc, dans ce cas, la plupart des stencils resteront bien visibles. Le camouflage hivernal peut maintenant être appliqué. Je voulais d’abord et avant tout reproduire une peinture réaliste à l’allure très fatiguée faisant ainsi prendre conscience des effets du climat très hostile dans lequel cet appareil opérait.

En m’inspirant d’un cliché de l’appareil en question et de quelques photos de la documentation, je suis parti avec comme base un blanc très banal auquel j’ai ajouté différents tons de gris additionnés d’une pointe de jaune, ocre et de « Raw Umber » par endroits afin de ne pas me retrouver avec un fini trop uni. Le tout a été appliqué par petit nuage irrégulier de façon aléatoire (comme c’était souvent le cas à l’époque) en ayant la main plus légère aux abords du cockpit, du bord d’attaque de la voilure, du stabilisateur horizontal et des panneaux moteurs. Un voile très dilué de blanc mélangé à une pointe de marron fut ensuite appliqué de façon aléatoire afin d’atténuer un peu les contrastes.
Une fois le tout bien sec, une partie du badigeon à été enlevée à l’aide d’une fine laine abrasive en me concentrant sur les arêtes et les zones les plus fréquemment visitées par le pilote et le personnel au sol et bien sûr par l’usure dû au vent relatif. J’ai ensuite poussé le vieillissement encore plus loin à l’aide de jus et de coulures diverses réalisés à l’aide de différents tons de peintures sombres diluées à l’aide d’essence à briquet et appliquées au pinceau 000 et à l’aérographe dans le sens du vent relatif pour les ailes et de haut en bas pour le fuselage.

En jouant sur le temps de séchage, on peut ainsi obtenir des effets de vieillissement très intéressants. Un travail de micro peinture et quelques éraillures achèveront le processus de weathering avant de vaporiser sur l’ensemble une couche de vernis mat.

Motorisation
Il est temps maintenant de passer à la pièce de résistance; le moteur…J’ai apporté une attention toute particulière à la motorisation car cet ensemble constituera le principal centre d’intérêt du modèle en attirant les premiers regards. Toutes les pièces sont d’abord soigneusement dégrappées et ébavurées. Les petits accidents sont néanmoins presque inévitables tellement les pièces sont fines et fragiles…Quelques assemblages à sec ont démontrés qu’Aires à vraiment fait du bon boulot concernant les ajustements et j’ai été très impressionné de voir que la plupart des pièces s’emboîtaient à la quasi-perfection!!!!
Au fait, ayez de bonnes références pour cet ensemble car le plan de montage Aires laisse un peu à désirer à quelques endroits et les instructions de peintures sont carrément absentes. Une fois les ajustements fignolés, j’ai peinturé et vieilli les pièces toujours selon la doc à l’aérographe et au pinceau en divers sous-ensemble. La cloison pare-feu déjà collée à la maquette recevra, ainsi que le bâti moteur, une couche de gris RLM 02. Notez au passage que le bâti moteur a reçu de nouvelles tiges de fixation réalisées en fil de cuivre afin de s’assurer que celui-ci résiste au poids du moteur et au transport du modèle une fois terminé.

Petite anecdote, c’est lors d’un moment d’inattention que j’ai constaté bien malgré moi la solidité de l’ensemble lorsque j’ai maladroitement accroché l’une des ailes et que la maquette s’est mise à faire un peu d’acrobatie aérienne…C’est seulement après une quasi-attaque cardiaque accompagnée d’un déluge de jurons bien de chez nous que j’ai pu remercié le ciel d’en être sorti qu’avec une roulette de queue à recoller… La morale de cette petite histoire, ne jamais laisser une maquette sur le bord d’une table lorsque l’on ne travaille pas dessus…Surtout lorsque l’on est maladroit comme moi…
Le moteur, ses accessoires ainsi que les mitrailleuses ont quant à eux été peints en noir mat, brossé à sec à l’aide de poudre d’aluminium pour recevoir enfin une fine couche de vernis semi-lustré. Les superbes échappements seront peints à l’aide d’un mélange de « Burnt Sienna » et de marron foncé pour être ensuite brossés à sec à l’aide de divers tons de pastels orangé. Une fois tous les ensembles joints au fuselage, j’ai apposé la majeure partie du câblage que j’ai pu répertorier sur des clichés. Aires fourni une petite section de fils de cuivre mais il faut en « scratcher » bien plus afin de fournir le plus de réalisme possible…Une bonne doc est encore ici un atout pour cette phase du montage car il faut étudier attentivement les clichés afin de se faire une idée de la fonction et de l’emplacement de chacune des conduites de carburant, d’hydraulique et électrique afin de rester dans la logique et éviter de détailler cet ensemble comme un arbre de Noël…

Cette opération fut plutôt longue car la tuyauterie et le câblage passent et s’entrecroisent dans tous les sens comme des spaghettis ce qui implique de former et de plier tous les éléments de manière plutôt complexe et de façon très précise pour que ça « Fit ». Il n’est pas évident non plus de vérifier les ajustements car l’espace de travail est très restreint et on a vite fait de retourner et d’agiter la maquette comme une tirelire afin de récupérer les quelques pièces perdues dans le fin fond du compartiment moteur… Cet ensemble sera finalisé avec quelques éraillures et par la diffusion de jus simulant ainsi les différentes coulures d’huile et de saletés.

Finition
Le plus gros de la peinture terminé, je me suis attaqué au train d’atterrissage. Une fois les câbles de freinage et les colliers de maintien en place, le tout à reçu une couche de gris RLM 02 pour être par la suite vieilli à l’aide de jus. Les amortisseurs seront quant à eux repris en aluminium chromé. Les baies du train d’atterrissage et les trappes de train sont traités de la même façon. Notez au passage que l’intérieur des trappes a été mal conçu car ils présentent des points d’éjections très difficiles à enlever mais pas de problème…quelques projections de boue cacheront tout ça…
L’hélice peut à présent rejoindre l’appareil ainsi que la roulette de queue. La spirale du cône d’hélice a été peinturée au pochoir fait maison. L’antenne radio à été plutôt complexe à réaliser car j’ai voulu reproduire les moindres détails de cet ensemble incluant les ressorts de tension. J’ai donc adopté une méthode de fabrication et d’assemblage très différente étant donné que la mise en tension du câble sur la maquette s’est faite sans colle rendant ainsi le système pleinement fonctionnel…Le tout à été réalisé à l’aide de plastique étiré de couleur noire avec des isolateurs reproduits à l’aide de micro-gouttes de peinture blanche.
La verrière est ensuite débarrassée de ses masques et collée à la maquette en position ouverte. Un câble de retenu monté sur ressort sera confectionné en étiré afin de retenir la verrière basculante.

Base
Je voulais représenter l’appareil en début été sur un sol un peu humide afin de correspondre avec le camouflage très délavé. Le sol à d’abord été créé à l’aide d’un mastic de finition Polyfilla mélangé à de l’eau, de la peinture marron, un peu de sable fin, de la litière pour chat et de la colle blanche. Le tout à été dosé afin de reproduire un sol mouillé et à l’apparence boueuse. Encore humide, quelques empreintes de pneus et de pas ont été réalisées. Un peu d’herbe synthétique à ensuite été collé à la base pour ajouter un peu de végétation à l’ensemble.
J’ai ensuite saupoudré par endroit un peu de neige synthétique fixé par la suite à l’aide d’un mélange de colle à bois et d’eau et vaporisé à l’aérographe. Les flaques d’eau et autres zones humides ont été réalisées à l’aide de lustre à plancher Future, un produit décidément à usages multiples… La table quant à elle à été confectionnée à l’aide de languettes de bois de balsa et les clous matérialisés par l’application de micro-gouttes de peinture noire.
Quelques jus foncés et des projections de boue sur les roues achèveront cette étape. Même si le set Aires me le permettait, je n’ai pas convenu de laisser les capots moteur collés à la maquette en position ouverte car je voulais dégager le plus possible les moindres détails de la motorisation. Ceux-ci ont donc été laissés sur la table. Le pilote provient d’une pochette CMK. Il a été peint selon les techniques de peintures employées par les adeptes de la figurine.

Messerschmitt Bf-109 G-6 « Early » - Photos

1 thought on “Messerschmitt Bf-109 G-6 « Early » – François Maheux”

  1. Du grand ART de la part de François; j’ai vu en  » personne  » ce ME-109G-6 et il m’avait sérieusement impressionné, tant par le travail de détails effectué que part la beauté de la présentation et de la superbe finition niveau peinture et patine. François est un modéliste sérieux,patient et très talentueux, aux dernières nouvelles, il travaillait sur un énorme avion de bombardement et de reconnaissance à longue portée Tupolev 95 Bear au 1/72. Un avion impressionnant et très bruyant un peu plus petit qu’un B-52. 🙂

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