Messerschmitt Bf-110 – André Brochu

Maquette Fujimi

Volera, volera pas ? Par André Brochu Quoi, tu fais un avion ? C’est ainsi que mes amis modélistes m’accueillent lorsqu’ils voient ou savent sur quel projet je travaille. Étant porté sur le blindé et autres véhicules de la seconde guerre mondiale, je me suis surpris moi-même à faire un ME 110. J’en parlais quelquefois aux modélistes spécialisés en avion, Gaétan Chapados et Jean-François Fillion, et je leur disais à la blague que des avions, c’était trop facile à faire. Comme ce sont deux modélistes pas piqués des vers dans leur domaine, cela les rendaient fous de rage.

Non sérieusement, ils m’ont demandé d’en faire un pour voir si j’aimerais ça pour changer. J’avais quelques modèles à la maison, j’ai donc jeté mon dévolu sur un ME 110 de Fujimi datant déjà de plusieurs années. Ce n’est pas le plus beau ni le plus détaillé des modèles, mais pour débuter ça va faire l’affaire. J’ai demandé quelques conseils à ces deux spécialistes et me voilà parti.

Premièrement, pas de grosses soudures qui tolèrent un certain manque de finition, mais plutôt des joints qui doivent être le moins visible possible. On parle ici de tôle mince facilement pliable et qui doivent s’emboîter à la perfection, non pas de blindage de plusieurs centimètres d’épaisseur qui peut être décollé sans que cela ne paraisse trop. La surface doit être lisse et non rugueuse comme celle d’un blindé. Il y a les ailes qui doivent être droites et les roues parallèles et la verrière à protéger de la peinture et de la colle. Pour la peinture, ils m’avaient conseillé les peintures de Testor acryliques. C’était la première fois que j’utilisais ces dernières et j’ai été agréablement surpris de la qualité. Une certaine adaptation doit se faire pour l’utiliser si vous êtes habitués aux peintures Tamiya. Pas de mélange à faire, elle s’utilise tel quelle mais avec une pression plus forte qu’avec Tamiya. J’ai hâte de l’utiliser sur mes chars pour voir si la texture pour blindés est aussi bonne.

Puis vient la pose des décalques. Mon Dieu qu’il y en a beaucoup sur un avion. Je pose les croix sur les ailes, un peu de microset et ça va tout seul. Oups ! j’ai oublié de couper le près possible pour enlever le film. Donc on coupe au plus près du décalque multiplié par un nombre incroyable de fois. Ça prend un temps fou à faire. De quoi je me plains, je travaille au 1/48 et non au 1/72, ce qui doit être pire encore. Pour compliquer encore la tâche, je me suis trompé en posant les lettres sur le fuselage. Heureusement que j’ai pu corriger le tout avec de la patience. Après avoir découpé deux lettres K et un U, la dernière chose que je voulais faire, c’était de recommencer. Après cette étape, je me rends compte que la peinture camouflage verte a débordé sur le bleu ciel du dessous. On recommence à peinturer et il y en a ici et là et là encore. De quoi mettre sa patience à l’épreuve. Peinture et vernis se suivent sans arrêt. Je me réveille la nuit en sueur en pensant à ça ! Il faut poser l’antenne et pour faire du mal, sur un ME 110, il y en a deux! Que ce mât me semble petit pour pouvoir y attacher deux fils. La peinture de finition au pinceau devrait aller vite. Si j’avais peinturé et posé cette pièce, ce serait plus facile. Maintenant, c’est un cauchemar de la peinturer en place. Et il y a le train d’atterrissage qui me nuit et ce petit morceau là, je peux peut-être, SNAP !, bon au moins il n’est plus dans mon chemin ! Espérons que ça ne se verra pas que j’ai dû la recoller. Ensuite, un jus pour vieillir le tout et un vernis mat pour compléter le travail.

Mes mains tremblent, pourquoi ? J’y suis, la tension nerveuse est trop forte. Si près du but, il ne faut pas tout rater. Au moins avoir quelque chose à montrer qui ait un peu d’allure. Il ne faut pas perdre la face devant ces deux as du plastique qui ne manqueront pas de me taquiner sur la moindre erreur, et des erreurs il y en a. Je devrai reconnaître l’effort et le talent nécessaire à la construction d’un avion et admettre publiquement mon erreur. On a vu des suicides pour moins que ça.

Ceci se voulait une description des embûches qu’un novice en modèles d’avions aura à combattre. Il y aura d’autres avions et une amélioration du résultat j’espère. Avec les conseils avisés de deux grands modélistes en avion comme Gaétan et Jeff, il ne saurait en être autrement. Ils ne sont pas avares ni de temps, ni de conseils. Je me dois de les remercier. Quant à moi, si vous me cherchez, je serai dans une clinique au repos complet pour les trois prochains mois.

Messerschmitt Bf-110

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