Moto Harley-Davidson WLA45 – Franck Edet

Maquette Italeri – Référence No 7401 – Échelle 1:9

Born to be Wild.

Historique :

Lors de l’entrée en guerre des États-Unis, la machine industrielle fut lancée à pleine puissance. La Compagnie Harley-Davidson fut choisie par l’armée pour fournir des motos destinées à la reconnaissance ainsi qu’à l’acheminement des courriers rapides. La police militaire en fut également dotée en grand nombre.

En tout H.D. produisit 90.000 unités dont 30.000 furent allouées au programme de Prêt-Bail. Il faut ajouter à cela un stock de pièces détachées suffisant pour construire encore 30.000 motos de plus !

Basée sur leur modèle civil WLD, la WLA fut adaptée selon les normes de l’armée : garde boues plus élevés, des arceaux de protection pour les jambes du pilote, phares de black-out et étui pour la Thompson. Le moteur quand à lui restait le très fiable v-twin de la version civile avec une cylindrée de 45 ci (environ 750cc). Couplé à une boîte de vitesse manuelle à trois rapports.

Un autre modèle fut développé spécifiquement pour le théâtre Nord Africain : la XA, avec un moteur deux cylindres à plat et une transmission par cardan, seulement 1000 exemplaires en furent livrés, les opérations étant finies avant la mise en production des 15000 prévues.

La Maquette :

Étant un fan de Harley je ne pouvais pas rester insensible à ce modèle édité par Italeri. J’avais osé espérer que celle-ci venait de lancer une nouvelle mouture … dure déception ! en ouvrant la boîte il devenait évident qu’il s’agissait bel et bien d’une réédition du vénérable kit Esci des années 70 avec ses 210 pièces il s’agit d’un kit déjà avancé, cependant le fait qu’aucune numérotation ne soit appliquée sur les grappes n’aidera pas le modéliste car il faut en permanence jongler avec le plan pour repérer le morceau dont vous avez besoin. Pire encore : le plan s’avérera faux dans plusieurs étapes. Italeri nous fourni dans la boîte du fil plastique afin de figurer le circuit électrique et les câbles, il est très dommage que l’implantation suggérée de ce même filage soit totalement fausse (je ne pense pas que raccorder directement les bougies à l’alternateur puisse aider à démarrer un moteur …) Heureusement mon concessionnaire Harley-Davidson (Prémont HD Québec » que je salue ici) m’a laissé accéder à son musée sans restriction afin de pouvoir recréer le faisceau au complet.

Pour finir ce tableau déjà peu engageant, toutes les pièces sont fondues dans une masse de flash impressionnante, attestant ici de l’âge des moules. Et c’est ainsi que je me suis rappelé mes premiers kits, il y a déjà … ouais passons ! bref : sachez que ce modèle va vous demander bon nombre de feuilles de papier de verre, de lames de cutter etc … d’autre part, pour l’améliorer, ne commencez pas à chercher des transkits ou autre photodécoupe : il n’existe strictement rien sur le marché. Donc retour aux sources : feuille de plastique, profilés, feuille de plomb, Milliput (pâte de modelage) et beaucoup de patience vous serons grandement nécessaire pour rendre justice à cette si belle moto.

Construction

Partie moto :

Afin de ne pas alourdir inutilement le texte je ne vous le dirai qu’une fois : chaque pièce nécessite un copieux ébarbage, voilà maintenant répétez cette phrase à chaque point du texte suivant nous pourrons donc participer à éviter de gaspiller du papier.

Le plan vous demande de commencer par les roues, soit, mais j’ai omis de monter les pneus à ce stade afin d’éviter de les peindre en olive par la suite. Je n’ai pas rencontré de difficulté majeure pour toute la partie cycle si ce n’est un léger vrillage du cadre aisément corrigé avec un sèche cheveux. Le garde-boue avant est refait en feuille de plomb afin de lui rendre une épaisseur plus à l’échelle. Si c’était à refaire je remplacerai la tige transversale C33 par une autre en métal, en effet celle-ci va supporter tout le poids de la moto si vous la mettez sur la béquille latérale et elle aura une forte tendance à se vriller et finir par se briser.

Je n’ai pas suivi l’ordre d’assemblage suggéré sur le plan à l’étape 7, afin de pouvoir garder le moteur libre pour le peindre. La batterie (sous ensemble K) sera détaillée avec du fil de cuivre et du fil caoutchouc Verlinden pour représenter les divers câblages électriques. Il vous faudra veiller à ne pas coller la pièce C66 afin de pouvoir ajuster l’angle de celle-ci lors de l’assemblage final.

Le réservoir sera abondamment mastiqué lors de sa mise en place, il faudra cependant laisser un jour entre les deux parties car les vieilles Harley avaient en fait 2 réservoirs distincts (essence à gauche, huile à droite), une bande d’aluminium sera ensuite taillée pour venir recouvrir ce jour et deux « boulons » viendront simuler sa fixation.

Toutes les étapes concernant les marche pieds, les commandes d’embrayage et de frein ainsi que leurs tringleries respectives seront laissées de côté et prendront place à la toute fin du montage. Le phare se verra ajouter une ampoule avant collage de l’optique. L’aiguille du compteur de vitesse sera faite en feuille de plomb fine. La commande de remise à zéro du compteur journalier sera refaite en fil de cuivre et une plaque avec les numéros de série sera fixée sur le côté droit du compteur.

Moteur :

Le montage du moteur est le plat de résistance, s’il ne comporte pas d’erreur majeure, ce dernier crie pour être détaillé dignement. Tous les boulons seront refaits en profilé hexagonal Evergreen. La languette de maintien de la cloche d’allumage sera faite en fil de cuivre comme le sera également la conduite d’essence. Le carburateur bénéficiera d’améliorations des boulons et vis de réglage. Le câble de réglage manuel de l’avance à l’allumage sera lui totalement réalisé en scratch puisqu’il est absent du kit. Deux fils de cuivre viendront compléter le rhéostat et tout le câblage électrique sera également mis en place à ce stade.

Le boîtier de filtre à air sera monté et sa tubulure refaite avec du tube provenant d’un kit de Tigre Tamiya, les colliers seront faits en feuille de plomb et fil de cuivre. L’ensemble ne sera cependant pas collé en place à ce stade afin de faciliter son montage final.

Le câble d’embrayage sera, quant à lui, entièrement refait en scratch avec du fil électrique fin et un tube en aluminium courbé à 90 degrés.

Encart Milliput ici

Voici comment j’ai réalisé les deux sacoches ainsi que le holster de la Thompson :

Photo 1 : voici le matériel nécessaire à la manipulation du Milliput, ajouter à cela du talc pour bébés, un verre d’eau et un cure dents pour modeler la pâte.

Photo 2 : on coupe 2 parts égales de pâte époxy, comme base de travail j’utilise une chute de marbre trouvée dans un magasin de carrelage, la surface de travail est abondamment talquée pour ne pas adhérer à l’époxy

Photo 3 : on malaxe les 2 composantes jusqu’à obtenir une couleur uniforme (très important pour avoir un séchage homogène)

Photo 4 : avec mon tube de cuivre je roule la pâte jusqu’à l’épaisseur désirée (le Milliput peut être roulé très fin jusqu’à environ l’épaisseur d’une feuille de papier). Ici, environ ½ mm

Photo 5 : après avoir tracé à l’aide d’un patron la forme générale on coupe celle-ci avec un vieux cutter

Photo 6 : puis vient la bande qui formera le tour de notre sacoche

Photo 7 : ensuite il faut humidifier la pâte avec de l’eau afin de la rendre très collante

Photo 8 : on met en place la bande, le fait de lui avoir laissé plus d’épaisseur lui donne plus de maintien.

Photo 9 : puis vient le tour de la face externe de la sacoche (laquelle à été abondamment mouillée sur la zone de contact)

Photo 10 : un cure-dents (outil de sculpture universel pour le Milliput) sert à tracer les coutures

Photo 11 : tous les divers éléments restants ont été créés suivant les mêmes principes et voici le résultat final après séchage de 48 heures (ne pas oublier de talquer la surface qui va la supporter pendant le séchage)

Fin Encart

Suivant la même méthode j’ai ajouté de l’impedimenta sur le porte bagage, une pelle, une hachette, des couvertures roulées seront modelées dans le Milliput, puis mis en place avant séchage complet pour épouser les formes au mieux.

La Thompson fournie sera copieusement détaillée d’après des références trouvées sur internet à l’adresse suivante : http://www.nfatoys.com/tsmg/

Un casque de Gi à l’échelle me sera fourni par mon ami Arthur Sekula, excellent sculpteur de figurines. Celui-ci sera recouvert du célèbre filet réalisé ici avec de la gaze médicale trempée dans de la colle blanche. Les sangles seront quant à elles faites de feuille de plomb.

Peinture :

Une fois encore j’ai fait confiance aux teintes de Modelmasters pour peindre mon modèle.

Ici pas de pré ombrage ou de technique exotique (au départ du moins …) du Olive Drab pur dans le godet de l’aérographe et tous les ensembles seront recouverts de 3 bonnes couches.

Le moteur verra ensuite ses cylindres peints en noir mat, tous les éléments de la carburation seront ensuite peints avec du Steel pur. Cette dernière référence provient de la gamme Metalizers de Model Masters et donne un rendu superbe, une fois sec il faut le brosser avec un pinceau propre pour obtenir un fini métal très réaliste.

Le moteur n’étant pas mis en place à ce stade, divers jus dans la gamme des marrons très sombres seront faits au niveau des joints pour simuler les coulures d’huiles diverses typiques de ces vieilles montures (ceux qui ont une vieille moto en leur possession comprendront !). un peu de chipping sera fait au niveau des endroits les plus durement soumis à l’entretien de la mécanique (têtes de boulons, joints de cylindres, ailettes, poussoirs de soupapes, carburateur …)

La partie cycle a été abondamment engluée (avant peinture) de mastic dilué à l’acétone et mixé à de la filasse de plombier pour créer un effet de boue accumulée. Cette « boue » sera peinte en premier avec du Raw Umber puis brossée dans des nuances de plus en plus claires de beige.

Une fois le moteur en place, toutes les teintes seront délavées par divers brossages aux huiles d’artistes en accentuant l’effet sur les zones les plus hautes (dessus du réservoir, dessus des garde boues …)

Les marquages proviennent d’une vieille planche de transferts à sec Verlinden et le crâne sera lui peint au pinceau à main levée.

À ce stade un premier « weathering » aux poudres MMP (voir « Model » numéro 4) sera appliqué dans tous les recoins inaccessibles une fois la moto assemblée, ainsi que sur les pneus et les roues.

Il est à noter qu’aucun jus général n’a été appliqué sur le modèle. J’ai préféré ici effectuer des jus sélectifs me donnant plus de variations dans les teintes et plus de contrôle dans leur application

Les parties en cuir seront peintes comme suit : une première couche de Raw Umber dans les creux d’abord puis pulvérisée en nuages pour créer de la profondeur. Une fois sèche, du Burnt Sienna vient compléter la teinte et donner un bel effet « fauve ». Divers brossage aux huiles viendront ensuite rehausser les arrêtes et vieillir le cuir. J’ai particulièrement veillé à ne pas obtenir d’effet uniforme afin de bien dissocier les divers éléments.

Enfin, une fois tous les sous-groupes assemblés, un empoussiérage global sera fait avec les poudres MMP puis scellé par une couche de vernis mat en bombe en évitant toutes les parties en cuir.

Conclusion :

Mon modèle représente une moto de reconnaissance de la 1ère division armée en Italie. Elle pourrait aussi bien être représentative de n’importe quel théâtre d’opérations tant ces motos furent utilisées par les troupes Américaines aussi bien en Europe que dans le Pacifique.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu autant de challenge à monter une maquette, habitué que je suis à trouver toutes les corrections nécessaires sur le marché. Il m’a fallu faire appel à tous mes souvenirs des maquettes d’antan et au final ce ne fut pas si désagréable que ça. En tout cas en cette année du centenaire de Harley Davidson, je ne pouvais pas laisser passer ce modèle !

Moto Harley-Davidson - Photos

 

3 thoughts on “Moto Harley-Davidson WLA45 – Franck Edet”

  1. Superbe Harley Davidson beau travail de détails; peinture et patine parfaite, j’adore le réalisme du cuir des sacoches et de l’étui de la Thompson de même que les pneus. Un travail impeccable de l’ami Franck.. 🙂

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